Nouveau texte, issu d'une conférence : esquisse de philosophie occidentale

Méditation crétoise

 

 

 

 

 

 

For my whole life, I didn't know if I even really existed. But I do, and people are starting to notice.

The Joker, Todd Philips, 2019

 

Qu’est-ce que la réalité ?

On se pose peu cette question, ou même pas du tout, puisque la réponse parait soit trop évidente, soit totalement inaccessible, alors on avance le plus souvent dans la vie en n’y répondant pas, et c’est très bien ainsi.

Pourtant, en procédant de la sorte, on présuppose une certaine conception plus ou moins claire de la réalité par rapport à laquelle on prend ses décisions et on oriente sa vie, la réalité serait ce que je perçois et ce avec quoi j’interagis, en particulier ma famille, mes amis, mon travail, etc. 

Je me souviens à ce propos d’un collègue, qui affirmait sans l’ombre d’un doute que la réalité était ce qu’il y avait dans la pièce où il se tenait ici et maintenant, rien d’autre. Je m’étais abstenu de retorquer qu’à mon sens la pièce d’à côté était tout aussi réelle, qu’il décrivait seulement sa réalité, et que celle-ci n’était qu’une partie infinitésimale de la réalité en général, enfin qu’en se limitant ainsi, il enfermait peut-être sa vie entre ces quatre murs étroits.

Alors pour ceux qui aiment interroger philosophiquement les présuppositions, car ils savent que les décisions et les actions dépendent de celles-ci, interrogeons autour de nous, et interrogeons-nous nous-mêmes. 

Une première réponse serait d’abord très simple : la réalité est ce qui existe. 

Mais en affirmant cela, on dit tout et on ne dit rien. Car que signifie exister ? n’est-ce pas justement être réel ? dans ce cas nous tournons dans un cercle.

Alors demandons-nous qu’est-ce qui existe ? qu’est-ce qui est réel ? c’est le « ce » de l’expression, ce qui existe. Par exemple, un objet mathématique, comme la solution d’une équation quand on dit qu’elle existe, ou bien une idée, une valeur, une émotion, un symbole, etc. ? existent-ils ou non ? 

Demandons à un physicien ce qu’est pour lui la réalité, puisqu’il est une autorité de premier choix en la matière

Il répondra sans doute en évoquant un bestiaire de particules, qui interagissent, apparaissent et disparaissent, et dont les propriétés sont étudiées dans l’espace et le temps, même si au niveau quantique, certaines propriétés ne sont pas connaissables avec une précision infinie. La notion de particule devant être nuancée, il s’agirait plutôt d’ondes ou de particules, selon les expériences menées. Il n’en reste pas moins que la réalité serait décrite par les équations de la physique qui expriment ou s’approchent des lois de la nature.

Mais sommes-nous plus avancés pour ce qui est de la réalité en général ? ce n’est pas certain, puisque par exemple une société humaine est une réalité qui ne se réduit pas à des particules physico-chimiques.

Tournons-nous alors vers un sociologue, il répondra probablement : « la réalité sociale ? Il s’agit des acteurs sociaux qui interagissent ensemble. A vrai dire les individus constituent la société et sont constitués par elle. » 

Mais une société est composée d’individus qui agissent, ne faut-il pas demander l’avis du psychologue ?

Celui-ci ne sera pas en reste : « la réalité ? celle que j’étudie est psychique, ce sont les pensées et les comportements qui en découlent, tout cela relève du normal ou du pathologique, nous étudions les pathologies afin de les soigner. » 

Au fond, la réalité n’est-elle pas d’abord un mot, alors le linguiste nous éclairera-t-il ?

Il répliquera : « la réalité en général ? Pour l’exprimer, encore faut-il un langage, dans lequel le mot « réalité » est défini, ce qui est précisément l’objet de mon étude. Or le langage, ou les langues en général, sont des réalités objectives, qui apparaissent, évoluent et disparaissent, c’est là-dessus que nous, linguistes, travaillons. »

Qui alors du physicien, du sociologue, du psychologue, du linguiste ou tout autre savant spécialiste de son champ particulier aurait raison devant les autres ? 

Peut-être ont-ils tous raison, exprimant chacun à leur manière un aspect de la réalité ? 

Y aurait-il autant de réponses à cette question qu’il y aurait de savoirs constitués?

Nous serions alors conduits, paradoxalement par les sciences, à une notion plurielle et irréductible, et donc au scepticisme : au fond la réalité serait multiple, nous ne savons pas ce qu’elle est en soi.

Pour nous sortir de ce mauvais pas, on pourrait, comme il est d’usage en philosophie, rapprocher la notion de réalité des termes qui lui sont proches, comme l’existence, le réel, le vrai, d’un autre côté, on ne manquera pas de distinguer cette famille de notions de leurs termes opposés, comme l’apparence, l’inexistence, l’irréalité, l’erreur, mais aussi l’illusion, le rêve, la fiction, le mythe, etc.

Et puis, il serait sans doute utile de nous poser à nous-mêmes quelques questions élémentaires. Prenons un X, il peut s’agir de n’importe quoi, et posons-nous la question de savoir s’il est réel ou non. 

Je choisis alors un objet physique, comme cette table-ci, c’est la réalité même ! Je la vois, je la touche, elle résiste à mon action, elle m’affecte et je l’affecte, et un coup de coude mal placé, m’indiquera indubitablement qu’elle est réelle. 

Certains affirment que l’existence au sens propre, c’est cela et uniquement cela, l’existence physique, phénoménale.

Pourtant cette table est composée de particules élémentaires, alors qu’est-ce qui est réel, la table, ou les particules élémentaires qui la composent ? Le physicien sera tenté de répondre que seules les particules élémentaires sont réelles au vrai sens du terme, ce qui implique alors un sens vrai et un sens faux du concept de « réalité », ou un sens étroit légitime, et un sens large, trop large pour être vrai.

Inversons alors le point de vue, recherchons des exemples de ce qui n’est pas réel. Prenons alors un rêve, puisque c’est l’archétype même de ce qui n’est pas réel.

Mais quand j’y songe, j’ai vraiment eu ce rêve, j’ai perçu ces formes oniriques, qui n’étaient certes pas des objets physiques, mais n’avaient-elles pas une certaine réalité, pour moi au moins, dans la mesure où ce rêve n’était pas absolument rien, je m’en souviens, je peux le raconter, c’est donc quelque chose pour moi, et même peut-être pour les autres, d’ailleurs, si ce rêve n’était rien, je ne pourrais rien en dire, ou plutôt tout et son contraire, ce qui n’est pas le cas. Il y a bien une différence entre avoir un rêve et ne pas en avoir. Il se passe réellement quelque chose dans le rêve, même si ce quelque chose m’arrive seulement psychiquement.

Le rêve s’oppose donc à la réalité, mais encore faudrait-il savoir à quelle réalité il s’oppose, ne serait-ce pas à la réalité physique ? En ce sens mes idées ou mes émotions ne sont pas des objets localisables dans la réalité physique, mais elles constituent ma réalité psychique en son flux temporel, en un mot, ma réalité subjective, qui n’est pas rien, cela est évident. 

Il faudrait préciser, en effet, le rêve se manifeste sur un scanner comme l’activité du cerveau, où l’on peut voir et savoir de l’extérieur, qu’il se passe quelque chose dans l’esprit du rêveur au moment où il rêve. Le rêve est donc une réalité psychique et physique, puisqu’il n’y a de réalité psychique que dans la mesure où un corps et son cerveau permettent de penser, et que nous n’avons jamais observé de pensée sans corps.

Le sens commun, et souvent la philosophie, ont rapidement écarté le rêve comme étant en dehors de la réalité, mais ce faisant, n’a-t-on pas présupposé implicitement que la réalité en général se réduisait à la réalité physique ?

Pourtant la réalité intérieure n’est pas un néant, le rêve fait pleinement partie de mes pensées. Le rêve nous donne l’illusion d’être plongé dans un autre monde, une autre réalité, probablement parce que le cerveau qui rêve construit des représentations spatialisées et que nous croyons croiser des personnes autres que nous. Nous nous sentons vraiment dans cet autre monde diaphane. Mais au fond, il y a quelque vérité là-dessous, le rêve, tout construit qu’il soit par l’esprit du dormeur n’est-il pas un type de réalité, qui appartient aux réalités subjectives psychiques, celles-ci devant en effet être distinguées des réalités physiques ?

Si l’on reprend l’argument du physicien, le rêve ne serait pas réel au sens vrai du terme, car seuls les objets des sciences physiques formeraient la réalité ultime, celle qui ne dépend pas des humains, avec pour preuves, toutes les confirmations expérimentales qui légitiment l’approche des sciences physiques.

Mais quoi, cette table ne serait pas réelle, puisque seuls ses composants le sont ? ni ce rêve, ni mes pensées humaines ? Au nom de quoi le physicien se permet-il cet impérialisme et ce réductionnisme ? 

Au fond, un des présupposés serait d’affirmer que la réalité ultime et vraie est celle qui ne dépend pas de l’humain. 

Mais pourquoi la réalité authentique serait uniquement celle qui ne dépend pas de l’humain ? L’humain est générateur de beaucoup de choses tout à fait réelles, parfois physiques, d’autres fois psychiques, il suffit de penser aux objets de l’artisanat, de l’art, de la culture en général, mais aussi la nature transformée par la main de l’homme, ou certaines espèces vivantes bien réelles comme les chiens, qui n’existeraient pas si les humains ne les avaient pas façonnés à partir des loups, la liste est presqu’infinie quand il s’agit d’énumérer les réalités qui dépendent de l’humain au sens où elles ont été produites, construites, créées ou engendrées par les êtres humains. 

Et ce n’est pas parce que j’ai perçu quelque chose, que ce n’est pas réel, bien au contraire, et dans le cas encore plus subjectif d’une émotion ou d’un sentiment, leur réalité est évidente pour moi à tout le moins. En effet, ma tristesse et ma joie, mon plaisir et ma souffrance sont autant d’états subjectifs que je vis réellement moi-même, même si la présence d’autrui peut les causer, les augmenter ou les diminuer.

Cette tendance réductionniste du physicien est compréhensible dès lors que l’on constate qu’il s’intéresse aux seuls objets localisables dans l’espace et le temps, indépendamment du fait qu’ils soient vivants ou non, pensants ou non. Le physicien observe donc le monde en portant ses lunettes polarisantes, qui excluent tout ce qui ne fait pas partie de ses objets de recherches. Dans son laboratoire, il ne les voit plus, ou refuse de les voir, c’est-à-dire de leur accorder un statut d’objet scientifique, puisque c’est à cette condition que les sciences physiques ont pu se constituer comme science, autrement dit par abstraction.

Mais à vrai dire, dès que le physicien sort de son laboratoire, il ôte ses verres polarisants et retrouve le sens des réalités biologiques et sociales, celles qui sont humaines et celles qui ne dépendent pas de l’homme, les deux étant tout aussi réelles, sans quoi il ne parviendrait à réaliser aucune action de survie fondamentale, comme commander un café en terrasse.

Par ailleurs, le sociologue ou le psychologue partagent souvent cette même tendance impérialiste et réductionniste : tout serait social, ou tout serait psychologique.

Que nous apprend alors le philosophe sur la question de la réalité ? S’il est européen, il ne manquera pas d’évoquer l’être, et renverra à toutes les écoles qui disent ce qu’est ou ce que n’est pas « l’être » de Parménide à Heidegger, que l’être est simple ou infiniment complexe, évident ou indicible, qu’il est ceci ou bien cela, bref rien n’y fait, l’être s’échappe, et l’être, ce serait la réalité authentique et absolue, ou ce qui la rend possible, si l’on distingue l’être de l’étant.

Le philosophe est tout aussi impérialiste que le physicien ou le sociologue, mais sa méthode diffère quelque peu, il prétend se fonder uniquement sur le concept, afin de dire rationnellement ce qu’est la réalité, comme il tente d’approcher la liberté, la justice etc. conformément à la tradition définitionnelle socratique.

 

Afin de clarifier davantage notre approche, prenons un autre exemple indubitable d’irréalité, comme l’illusion du bâton plongé à demi dans l’eau qui semble brisé. 

Le bâton apparait vraiment brisé, pas seulement pour moi, mais pour tout autre témoin, c’est donc une réalité objective quoique perceptive. Il ne l’est pas réellement, ce qui signifie que le fait de le plonger dans l’eau ne le brise pas, en revanche l’eau modifie réellement la trajectoire de la lumière de telle sorte que celui-ci apparait brisé. 

Autrement dit, cette illusion est bien réelle, même si le bâton n’est pas réellement brisé. Il est d’ailleurs possible d’étudier comment et pourquoi l’eau, et en général les milieux transparents, produisent ces phénomènes de réfraction de la lumière. La réalité physique est riche en de telles illusions bien réelles qui communiquent souvent des informations précieuses sur le fonctionnement de la nature, ces illusions existent donc physiquement.

Pourrait-on alors généraliser : toute illusion, dont le rêve est un cas particulier ne renferme-t-elle pas une certaine réalité ? Prenons d’autres exemples, comme un mirage, celui du lac dans le désert, ou tout autre phénomène optique, ils ont tous une réalité objective, choisissions alors un exemple plus radical, celui d’un individu schizophrène qui entend des voix, celles-ci sont-elles réelles ou non ? Elles sont réellement perçues par lui, au sens où il les entend vraiment, comme de récentes expérimentations le prouvent, puisque les aires cérébrales responsables de l’audition sont en effet activées lorsque l’individu entend des voix. Elles font bien parties de sa réalité subjective, il ne ment pas. L’erreur consiste à attribuer la cause de ces voix à une origine extérieure, mais le dysfonctionnement est tel que le schizophrène ne peut pas ne pas entendre ces voix.

On sera peut-être alors tenté de hiérarchiser les réalités, la réalité objective étant plus réelle que la simple réalité subjective. Mais est-ce certain ? Pour moi qui suis dans mon esprit, ma réalité subjective, c’est-à-dire ce que je pense, ce que je sens, ressens, veux, etc. tout cela forme ma première réalité, mon monde. 

On s’abstiendra donc de poser que l’une l’emporte sur l’autre, puisque la réalité objective est celle à partir de laquelle l’individu émerge, même si pour moi le monde subjectif est bien celui par lequel le monde objectif m’apparait.

Un mythe, une légende, une fiction, voilà des choses qui ne sont pas réelles objectera-t-on. Mais si les mythes n’étaient pas réels, les mythologues pourraient-ils les étudier ? si les fictions n’étaient pas réelles, pourrait-on les raconter ? Mythes, légendes et fictions n’existent-ils pas à leur manière ? 

L’objection se renforce alors : ne serions-nous pas dans une situation de surenchère ontologique, en attribuant l’être à tout et son contraire, ne permettant plus de distinguer l’être du non-être, la vérité de l’erreur ? 

C’est qu’il faudrait au fond distinguer l’être et la réalité. Tout est-il réel ? certes non, mais dès lors qu’un X est nommé, qu’il soit ou non un objet physique ou psychique par exemple, à tout le moins, cet X apparait dans la réalité linguistique. Ainsi un centaure est une réalité linguistique et mythologique, comme toutes les créatures semblables.

Mais nous ne souhaitons pas conduire à une débauche ontologique, il nous semble qu’en proposant une description plus précise des réalités, on pourrait parvenir à ce qui leur est commun, et cela ce n’est pas « l’être », mais la structure élémentaire de toute réalité, à partir de laquelle nous tenterons de reconstruire l’unité du monde humain. Ce qui n’est pas réel apparaitra alors le plus souvent comme une simple irréalité relative, par exemple une inexistence physique, sociale, psychologique, etc.

Il ne s’agirait pas de poser que toutes les réalités existent en soi, flottant on ne sait comment sur un océan de néant, mais de même qu’une maison est réelle pour autant qu’elle est un assemblage de matériaux qui tiennent ensemble, de même les réalités émergent et disparaissent avec leurs éléments quand ceux-ci perdent leur structure, ou quand les éléments sont détruits.

Alors n’y aurait-il pas une structure des réalités, comme on trouve en chimie un tableau périodique des éléments, ou en biologie une classification des espèces vivantes? 

Il s’agirait de rechercher une méta-structure des réalités, autrement dit, une métaphysique.[1]

En effet, il semble clair qu’il y ait des réalités de différents ordres, subjectives et objectives, physiques et psychiques, statiques et dynamiques, individuelles et collectives, inertes et vivantes, etc. 

D’autre part, ces réalités semblent bien reliées entre elles d’une façon ou d’une autre, par exemple les réalités chimiques émergent à partir du niveau quantique, les réalités sociales sont constituées à partir des réalités individuelles, etc.

Nous les appellerons des réalités ou existences épithètes. Leur corrélat étant d’exister adverbialement. Par exemple, exister socialement est équivalent à exister sur le plan de la réalité sociale, c’est-à-dire le plan des existences sociales. La différence entre l’existence et la réalité relève alors de la distinction entre le point et le plan, l’élément et l’ensemble.

N’est-ce pas précisément ce que voulait dire le Joker, lorsqu’il affirmait que toute sa vie il ne savait pas s’il « existait réellement » ? Ne parlait-il pas de son existence sociale, qui doit être clairement distinguée de son existence physique ? Ce film montre la métamorphose de l’inexistence à l’existence sociale, fût-ce en tant que monstre, craint par les élites, mais admiré par les marginaux, les fous et les criminels. 

 

Qu’est-ce alors que la réalité ? nous commençons à comprendre qu’elle est multiple, mais peut-être pas si chaotique, alors demandons-nous ce qui est commun à chacune d’entre elles.

La réalité physique ? Au point de vue microscopique, elle est faite d’ondes-corpuscules qui interagissent selon les lois de la nature.

La réalité sociale ? Ce sont les agents sociaux, individus et institutions, liés entre eux par des règles d’interactions sociales conscientes ou inconscientes. 

La réalité psychique ? Ce sont les pensées, les émotions, les sensations liées ensemble dans le temps, selon diverses règles d’association.

Une réalité linguistique ? Autant de mots qui s’assemblent selon des règles grammaticales.

Un point commun apparait alors : dans tous les cas, les réalités sont des totalités structurées, c’est-à-dire des touts dont les éléments sont reliés d’une façon ou d’une autre. Ce qui varie entre ces réalités, ce sont les types d’éléments et les types de structures.

En effet, une loi de la nature est très différente d’une règle sociale ou d’une règle grammaticale, leur efficience ou leur fonctionnement sont tout à fait distincts. 

Mais il y a bien une analogie entre les particules et les lois de la nature, les agents sociaux et leurs règles d’interactions, le lexique et la grammaire. 

 

Nous tenterons alors un voyage au cœur des réalités, afin de les caractériser, de les classer, de comprendre un peu plus leur émergence et leur disparition, leurs interactions et parfois leur indifférence, tout en reconnaissant qu’une science particulière est seule légitime à parler de son champ propre.

Nous croiserons en chemin les objets mathématiques, le temps, la liberté humaine, Dieu ou les dieux et bien d’autres idées, platoniciennes ou non, qui s’articulent au sein de problèmes anciens et vénérables, quoique trop souvent vénérés, et qui recevront peut-être ici quelques nouveaux éclaircissements.

Il sera seulement question de patient travail descriptif et structurant, car ce qui manque peut-être au monde d’aujourd’hui, ce n’est pas tant une vérité toute faite, qui renverrait immédiatement à son obsolescence programmée, mais une certaine clef d’interprétation du monde, laissant ouvertes les infinies réalités dont l’humain est un carrefour.

Sortant du labyrinthe de l’être, en suivant le fil d’Ariane des réalités, caractérisées comme des totalités structurées, une théorie philosophique universelle redevient-elle possible ? 

YC, 2022


 


[1] Qui ne soit pas une ontologie, nous y reviendrons.